Une fois n’est pas coutume, je n’écris pas un post à proprement parler et me contente de citer cet écrivain talentueux qu’est Rudyard Kipling. Britannique de son état, il a écrit un texte qui par beaucoup d’aspect m’évoque la profession d’avocat telle que je la perçois actuellement : une profession qui exige de la détermination, de l’abnégation, de la mesure, de l'introspection, de l’honnêteté et qui nous oblige à faire face à de grandes victoires comme à de lourdes défaites :
« Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir
Ou, perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leur bouche folle,
Sans mentir toi-même d'un seul mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un AVOCAT, mon fils ». ;-)
vendredi 28 septembre 2007
mercredi 19 septembre 2007
Plan(s) de carrière(s)
Depuis que je tiens ce blog, j’ai beaucoup parlé du fait de travailler au sein d’une grande structure anglo-saxonne comme de la voie royale pour gagner très vite beaucoup d’argent en exerçant cette profession.
Ce n’est évidemment pas le seul choix qui s’offre à vous si vous voulez allier profession d’avocat et rémunération confortable. Disons qu’en discutant avec la plupart des élèves avocats de l’EFB Paris, on finit par croire qu’il n’y a qu’une façon d’exercer ce métier. Le fait est qu’en tendant l’oreille et en rencontrant d’autres personnes, on s’aperçoit assez vite qu’il y a des élèves qui ne sont tout simplement pas attirés par le fait de travailler dans ce type de structure avec tous les inconvénients que cela implique (horaires, hiérarchie, etc).
Elles aspirent, à très court terme, à s’associer au sein d’un cabinet et considèrent qu’elles ne feront pas ce métier en travaillant plus de 10 heures par jour. Ce qu’elles ont de particulier vient du fait qu’elles ne sont pas moins déterminées que ceux qui sont prêts à tous les sacrifices pour intégrer une prestigieuse structure.
Elles souhaitent elles aussi faire leur trou rapidement et bien gagner leur vie. Seuls leurs plans de carrières diffèrent. Elles voient ce métier comme l’occasion d’exercer une profession en toute indépendance, sans une hiérarchie marquée et ne la conçoivent qu’ainsi.
Sans jugement de valeur au sujet de ceux qui décident d’intégrer une structure anglo-saxonne, elles me confient que cela ne leur donne pas envie et qu’en travaillant dans ces conditions elles s’ennuieraient et dépériraient en très peu de temps.
Quoi qu’il en soit, on a coutume de dire que travailler dans une petite structure présente deux avantages :
Vous avez la possibilité de développer une clientèle personnelle ce qui vous permet d’augmenter votre rémunération de façon substantielle. Clientèle personnelle qui semble exclue au sein d’une structure anglo-saxonne, faute de temps.
Outre le fait que vous soyez en contact avec le client, vous avez la possibilité de plaider les dossiers du cabinet. Privilège qui en structure anglo-saxonne ne revient bien souvent qu'aux collaborateurs counsel et autres associés du cabinet.
Le genre de petits détails qui ont, à n'en pas douter, leur importance quand vient le moment de faire un choix déterminant pour sa carrière d’avocat.
Ce n’est évidemment pas le seul choix qui s’offre à vous si vous voulez allier profession d’avocat et rémunération confortable. Disons qu’en discutant avec la plupart des élèves avocats de l’EFB Paris, on finit par croire qu’il n’y a qu’une façon d’exercer ce métier. Le fait est qu’en tendant l’oreille et en rencontrant d’autres personnes, on s’aperçoit assez vite qu’il y a des élèves qui ne sont tout simplement pas attirés par le fait de travailler dans ce type de structure avec tous les inconvénients que cela implique (horaires, hiérarchie, etc).
Elles aspirent, à très court terme, à s’associer au sein d’un cabinet et considèrent qu’elles ne feront pas ce métier en travaillant plus de 10 heures par jour. Ce qu’elles ont de particulier vient du fait qu’elles ne sont pas moins déterminées que ceux qui sont prêts à tous les sacrifices pour intégrer une prestigieuse structure.
Elles souhaitent elles aussi faire leur trou rapidement et bien gagner leur vie. Seuls leurs plans de carrières diffèrent. Elles voient ce métier comme l’occasion d’exercer une profession en toute indépendance, sans une hiérarchie marquée et ne la conçoivent qu’ainsi.
Sans jugement de valeur au sujet de ceux qui décident d’intégrer une structure anglo-saxonne, elles me confient que cela ne leur donne pas envie et qu’en travaillant dans ces conditions elles s’ennuieraient et dépériraient en très peu de temps.
Quoi qu’il en soit, on a coutume de dire que travailler dans une petite structure présente deux avantages :
Vous avez la possibilité de développer une clientèle personnelle ce qui vous permet d’augmenter votre rémunération de façon substantielle. Clientèle personnelle qui semble exclue au sein d’une structure anglo-saxonne, faute de temps.
Outre le fait que vous soyez en contact avec le client, vous avez la possibilité de plaider les dossiers du cabinet. Privilège qui en structure anglo-saxonne ne revient bien souvent qu'aux collaborateurs counsel et autres associés du cabinet.
Le genre de petits détails qui ont, à n'en pas douter, leur importance quand vient le moment de faire un choix déterminant pour sa carrière d’avocat.
mercredi 12 septembre 2007
Au PPays de l’entreprise !
Mon PPI (projet pédagogique individuel) a donc débuté il y a plus de deux mois au sein du service juridique d’une structure dynamique et assez jeune.
Au fur et à mesure que le temps passe, l’expérience aidant, je me sens de plus en plus à l’aise. Les collègues sont devenus des « amis » et mon maître de stage qui semble assez satisfait par le travail que je produis n’hésite pas à me laisser libre de gérer seul les dossiers de A à Z et à me faire des compliments.
Cela constitue une différence fondamentale avec le cabinet d’avocat classique. Dans un cabinet d’avocats, il est très rare que les compliments pleuvent, comme si la tradition imposait au maître de stage de ne complimenter son stagiaire au motif que ce dernier pourrait prendre la grosse tête et se croire arrivé.
Plus le temps passe, plus je me sens conforté dans l’opinion que le métier de juriste d’entreprise et d’avocat sont deux métiers radicalement opposés. La pression que l’on subit au sein d’une entreprise est loin d’être là même que celle présente au sein d’un cabinet d’avocats.
Même si l’on attend de vous que vous fassiez du bon travail ainsi que des points réguliers sur ce que vous avez réalisé, les dead-lines impossibles à tenir sont pour ainsi dire inexistantes au sein du monde de l’entreprise. Cette différence de pression joue énormément sur l’état d’esprit des uns et des autres et sur l’ambiance inhérente au monde de l’entreprise.
D’ici quelques semaines, j’entamerai mon 3ème mois de stage au sein de cette entreprise, période à laquelle les stagiaires ont coutume de dire que l’on cesse d’apprendre et où l’on commence à s’ennuyer. Pour l’heure, je ne sens pas cet ennui me gagner mais le fait que l’on ait élargi récemment le champ de mes attributions y est sans doute pour quelque chose.
Ce stage, dont les horaires n’ont rien à voir avec ceux de cabinet d’avocats, me permet de faire plus de choses à côté et de profiter de moments de détente dont je risque d’être nostalgique quand débutera en janvier prochain, mon stage de fin de formation. D’ici là, j’en profite…
Au fur et à mesure que le temps passe, l’expérience aidant, je me sens de plus en plus à l’aise. Les collègues sont devenus des « amis » et mon maître de stage qui semble assez satisfait par le travail que je produis n’hésite pas à me laisser libre de gérer seul les dossiers de A à Z et à me faire des compliments.
Cela constitue une différence fondamentale avec le cabinet d’avocat classique. Dans un cabinet d’avocats, il est très rare que les compliments pleuvent, comme si la tradition imposait au maître de stage de ne complimenter son stagiaire au motif que ce dernier pourrait prendre la grosse tête et se croire arrivé.
Plus le temps passe, plus je me sens conforté dans l’opinion que le métier de juriste d’entreprise et d’avocat sont deux métiers radicalement opposés. La pression que l’on subit au sein d’une entreprise est loin d’être là même que celle présente au sein d’un cabinet d’avocats.
Même si l’on attend de vous que vous fassiez du bon travail ainsi que des points réguliers sur ce que vous avez réalisé, les dead-lines impossibles à tenir sont pour ainsi dire inexistantes au sein du monde de l’entreprise. Cette différence de pression joue énormément sur l’état d’esprit des uns et des autres et sur l’ambiance inhérente au monde de l’entreprise.
D’ici quelques semaines, j’entamerai mon 3ème mois de stage au sein de cette entreprise, période à laquelle les stagiaires ont coutume de dire que l’on cesse d’apprendre et où l’on commence à s’ennuyer. Pour l’heure, je ne sens pas cet ennui me gagner mais le fait que l’on ait élargi récemment le champ de mes attributions y est sans doute pour quelque chose.
Ce stage, dont les horaires n’ont rien à voir avec ceux de cabinet d’avocats, me permet de faire plus de choses à côté et de profiter de moments de détente dont je risque d’être nostalgique quand débutera en janvier prochain, mon stage de fin de formation. D’ici là, j’en profite…
samedi 1 septembre 2007
Avocat à vie ? Avis d’avocats
Plus le temps passe, plus je m’aperçois que la profession d’avocat est l’archétype de celle que l’on idéalise énormément avant de l’exercer pour finalement tomber quelque peu de son arbre une fois qu’on l’intègre.
`
On se rend d’abord compte en allant au tribunal ou en observant d’autres avocats à travers nos différents stages qu’ils ne sont pas tous brillants et talentueux (loin s’en faut). Ce constat n’a en réalité rien de bien surprenant puisque comme dans toute profession, il se devait d’exister de très bons, de bons, de moyens mais aussi de moins bons (pour ne pas dire de mauvais) avocats.
Au-delà, donc, de cette vraie fausse surprise, vous découvrez assez rapidement que même si le type de structure dans laquelle vous travaillerez y sera pour beaucoup, quoi qu’il arrive, vous ne pourrez pas exercer cette profession libérale moins de 10 à 11 heures par jour.
Là encore, il n’est pas vraiment surprenant d’apprendre qu’une profession libérale impose beaucoup plus d’heures de travail qu’un métier de juriste en entreprise soumis au 35 heures.
Là où cela se complique c’est dans la façon dont vous effectuez ces 11 heures de travail quotidien. Quand vous n’êtes qu’un élève-avocat la pression ou plutôt le rythme que vous impose votre maître de stage est déjà important . Quand vous passerez collaborateur, ce rythme deviendra d’autant plus important que vous devrez à votre cabinet un certain nombre « facturable » (au client) par an (environ 1300), qui réportées au nombre de jour dans la semaine équivaut à peu près à 6 heures par jour. Sur ce point, il est utile de préciser que les recherches se facturant rarement, 6 heures facturées n’équivalent pas à 6 heures de travail.
Le niveau d’exigence qui vous est imposé n’est quant à lui plus du tout lié au type de cabinet dans lequel vous officiez…il est tout simplement omniprésent dans cette profession. Partez du principe que ce métier est rempli d’avocats qui attendent ou attendront de vous que vous soyez brillant, rapide, efficace, volontaire et, pour ne rien gâter… aimable.
Si vous remplissiez tous ces critères, vous êtes sur la bonne voie, mais pour avoir une chance de terminer votre vie dans cette profession, il faut une capacité hors du commun de résistance à la pression.
Il existe deux types de pression.
Celle qui est liée aux horaires. Passez près de 13 heures (9h à 22h) dans un cabinet n’est pas évident pour tout le monde. Plus vous travaillez d’heure dans une journée plus vous devenez, la fatigue aidant, à fleur de peau et réceptif aux remarques de votre supérieur hiérarchique.
Celle liée à la pression psychologique qu'exerce sur vous ce même supérieur hiérarchique. Vous pouvez, en effet, travailler 10 heures par jour (9h30 à 19h30) et subir une pression de tous les instants qui vous empêche d’envisager de continuer de ce métier sauf à quitter d'urgence ce cabinet.
Même si je n’ai pas de statistiques, je m’aperçois en discutant avec des ami(e)s élèves-avocats que le facteur qui les pousserait le plus à décider de ne pas s’éterniser dans cette profession est la conscience qu’ils ont de ne pas vouloir travailler 5 jours sur 7 (voire plus) sous la pression des dead-lines beaucoup trop courtes voire surnaturelles imposées par un collaborateur ou un associé.
Dans ces conditions, et après 8 mois d'école, je commence à entendre certains de mes camarades (pourtant très motivés au départ), m’expliquer qu’ils iront au bout de la formation mais que si le stage de fin de formation se passait mal pour eux, en partie en raison du fait qu'ils se rendraient compte à cette occasion que ce métier ne colle pas à leur tempérament, ils n’hésiteraient pas à se réorienter vers une autre profession moins exigeante, notamment au niveau des horaires (juriste d’entreprise par exemple).
Comme dirait l’un de mes camarades de promo en citant Voltaire « il ne faut pas oublier que l’homme n’est pas fait pour travailler, la preuve c’est que cela le fatigue ».
`
On se rend d’abord compte en allant au tribunal ou en observant d’autres avocats à travers nos différents stages qu’ils ne sont pas tous brillants et talentueux (loin s’en faut). Ce constat n’a en réalité rien de bien surprenant puisque comme dans toute profession, il se devait d’exister de très bons, de bons, de moyens mais aussi de moins bons (pour ne pas dire de mauvais) avocats.
Au-delà, donc, de cette vraie fausse surprise, vous découvrez assez rapidement que même si le type de structure dans laquelle vous travaillerez y sera pour beaucoup, quoi qu’il arrive, vous ne pourrez pas exercer cette profession libérale moins de 10 à 11 heures par jour.
Là encore, il n’est pas vraiment surprenant d’apprendre qu’une profession libérale impose beaucoup plus d’heures de travail qu’un métier de juriste en entreprise soumis au 35 heures.
Là où cela se complique c’est dans la façon dont vous effectuez ces 11 heures de travail quotidien. Quand vous n’êtes qu’un élève-avocat la pression ou plutôt le rythme que vous impose votre maître de stage est déjà important . Quand vous passerez collaborateur, ce rythme deviendra d’autant plus important que vous devrez à votre cabinet un certain nombre « facturable » (au client) par an (environ 1300), qui réportées au nombre de jour dans la semaine équivaut à peu près à 6 heures par jour. Sur ce point, il est utile de préciser que les recherches se facturant rarement, 6 heures facturées n’équivalent pas à 6 heures de travail.
Le niveau d’exigence qui vous est imposé n’est quant à lui plus du tout lié au type de cabinet dans lequel vous officiez…il est tout simplement omniprésent dans cette profession. Partez du principe que ce métier est rempli d’avocats qui attendent ou attendront de vous que vous soyez brillant, rapide, efficace, volontaire et, pour ne rien gâter… aimable.
Si vous remplissiez tous ces critères, vous êtes sur la bonne voie, mais pour avoir une chance de terminer votre vie dans cette profession, il faut une capacité hors du commun de résistance à la pression.
Il existe deux types de pression.
Celle qui est liée aux horaires. Passez près de 13 heures (9h à 22h) dans un cabinet n’est pas évident pour tout le monde. Plus vous travaillez d’heure dans une journée plus vous devenez, la fatigue aidant, à fleur de peau et réceptif aux remarques de votre supérieur hiérarchique.
Celle liée à la pression psychologique qu'exerce sur vous ce même supérieur hiérarchique. Vous pouvez, en effet, travailler 10 heures par jour (9h30 à 19h30) et subir une pression de tous les instants qui vous empêche d’envisager de continuer de ce métier sauf à quitter d'urgence ce cabinet.
Même si je n’ai pas de statistiques, je m’aperçois en discutant avec des ami(e)s élèves-avocats que le facteur qui les pousserait le plus à décider de ne pas s’éterniser dans cette profession est la conscience qu’ils ont de ne pas vouloir travailler 5 jours sur 7 (voire plus) sous la pression des dead-lines beaucoup trop courtes voire surnaturelles imposées par un collaborateur ou un associé.
Dans ces conditions, et après 8 mois d'école, je commence à entendre certains de mes camarades (pourtant très motivés au départ), m’expliquer qu’ils iront au bout de la formation mais que si le stage de fin de formation se passait mal pour eux, en partie en raison du fait qu'ils se rendraient compte à cette occasion que ce métier ne colle pas à leur tempérament, ils n’hésiteraient pas à se réorienter vers une autre profession moins exigeante, notamment au niveau des horaires (juriste d’entreprise par exemple).
Comme dirait l’un de mes camarades de promo en citant Voltaire « il ne faut pas oublier que l’homme n’est pas fait pour travailler, la preuve c’est que cela le fatigue ».
dimanche 26 août 2007
Deezer prend-il ses désirs pour la réalité ?
La musique tient une place assez importante dans ma vie et même si je n'ai suivi dans mon cursus qu'un court module de propriété intellectuelle, il était difficile pour moi de rester insensible et muet face à ce qu’il convient d’appeler l’affaire Deezer.com.
J’ai longtemps hésité avant d’en parler sur un blog qui n’avait pas vocation traiter d’actualité juridique mais puisque cette actualité est partie prenante de mon quotidien d’élève-avocat, pourquoi ne pas faire une exception ?
Pour ceux qui ont suivi cette affaire, Deezer.com, anciennement Blogmusik.net (Service de musique à la demande illimitée et gratuite) serait, aux dires de ses créateurs, passé d’illégal à légal du jour au lendemain par l’intermédiaire d’un accord signé avec la SACEM. La Société des auteurs, Compositeurs et Editeurs de musique a, comme son nom le laisse suggérer, la charge de percevoir et de repartir les droits d’auteur de ses adhérents.
Pour cette raison, elle avait, un peu plus tôt dans l’année, provoqué la fermeture de blogmusik.net aka Deezer ainsi que celle du non moins célèbre radioblogclub au motif que ces sites ne lui versaient aucune redevance à la différence des radios qui lui versent approximativement 5% de leur chiffre d’affaires.
Les deux sites ont par la suite rouvert leurs portes en passant par d’autres serveurs et en ce début de semaine, coup de théâtre, on apprend que la SACEM a décidé de signer un accord avec Deezer.com.
Si l’on se base sur le fait que c’était la SACEM qui avait, en mars dernier, réclamé la fermeture dudit site pour illégalité, le fait qu’elle décide aujourd’hui de signer un accord avec lui laisse entendre qu’elle lui offre par la même occasion l’apparence de la légalité.
L’apparence de la légalité est-elle équivalente à la légalité ?
À en croire les différentes déclarations des co-fondateurs de ce site, l’affaire est entendue et la question ne se pose même pas. Des bannières publicitaires affichent d’ailleurs fièrement le message suivant :
« Vous vous êtes toujours demandé si blogmusik était légal… Ne vous posez plus la question… Blogmusik annonce en première mondiale la signature de son accord avec la SACEM… Pour fêter ça, Blogmusik change de nom…Deezer.com. »
En d’autres termes « Circulez, il n’y a rien à voir » ou plutôt rien à débattre. C’est sans compter sur le droit qui, malheureusement, ne se contente pas d’une simple apparence de légalité. Nous sommes devant le cas d’une société qui prétend être légale parce qu’elle a signé avec la société de gestion collective qui a la charge de percevoir les droits d'exécution, de diffusion, et de reproduction pour le compte de ses artistes adhérents.
Or, la légalité se définit comme le fait de respecter à la lettre la règle de droit et sur ce point, Deezer.com, bien que sur le chemin de la légalité avec cet accord, ne peut pas encore y prétendre faute d’avoir respecté scrupuleusement la loi dictée par le code de la propriété intellectuelle.
L’article L. 213-1 de ce code dispose, en effet, que : « Le producteur de phonogrammes est la personne, physique ou morale, qui a l'initiative et la responsabilité de la première fixation d'une séquence de son. L'autorisation du producteur de phonogrammes est requise avant toute reproduction, mise à la disposition du public par la vente, l'échange ou le louage, ou communication au public de son phonogramme autres que celles mentionnées à l'article L. 214-1.».
En vertu de cet article, et sans rentrer dans les considérations techniques de la loi DADVSI, pour mettre à disposition des internautes une reproduction des titres d’un artiste, ce que fait manifestement ce site, Deezer.com se doit ou plutôt se devait d'obtenir au préalable l’autorisation des sociétés qui éditent et produisent les disques de ces artistes. (Un accord avec les producteurs via la SFPP - société française de production phonographique - par exemple).
Faute de l’avoir obtenu, il ne peut qu’être considéré comme illégal. D’autres arguments tenant à la source même de ces différentes œuvres mises en ligne par les internautes eux-mêmes (à qui l’on ne demande rien sur l’origine des fichiers fournis en contravention à la loi Droits d’auteur et Droits voisins dans la Société de l’Information) pourraient également être opposés à ce site. Je préfère laisser cela aux différents spécialistes de la question qui ne manqueront sans doute pas de donner prochainement leur avis sur Internet et/ou dans des revues spécialisées.
Toujours est-il (et c’est pour cela que j’ai décidé d’écrire ce post à haute connotation juridique sur un blog que je voulais pourtant consacrer à des évènements purement factuels), cette affaire résume bien l’écart qui existe entre la vision qu'a le non-juriste (ce qu'est probablement le créateur de Deezer) de ce qu'est la légalité et la réalité du droit qui laisse finalement peu de place à l'improvisation ainsi qu'aux approximations… sous peine d’être immédiatement sanctionné par le juge.
Même si un mélomane comme moi se résout difficilement à ce que la musique ne soit pas accessible à tous, le futur avocat que je suis ne peut s’empêcher de conclure ce papier par le classique… « À bon entendeur ».
J’ai longtemps hésité avant d’en parler sur un blog qui n’avait pas vocation traiter d’actualité juridique mais puisque cette actualité est partie prenante de mon quotidien d’élève-avocat, pourquoi ne pas faire une exception ?
Pour ceux qui ont suivi cette affaire, Deezer.com, anciennement Blogmusik.net (Service de musique à la demande illimitée et gratuite) serait, aux dires de ses créateurs, passé d’illégal à légal du jour au lendemain par l’intermédiaire d’un accord signé avec la SACEM. La Société des auteurs, Compositeurs et Editeurs de musique a, comme son nom le laisse suggérer, la charge de percevoir et de repartir les droits d’auteur de ses adhérents.
Pour cette raison, elle avait, un peu plus tôt dans l’année, provoqué la fermeture de blogmusik.net aka Deezer ainsi que celle du non moins célèbre radioblogclub au motif que ces sites ne lui versaient aucune redevance à la différence des radios qui lui versent approximativement 5% de leur chiffre d’affaires.
Les deux sites ont par la suite rouvert leurs portes en passant par d’autres serveurs et en ce début de semaine, coup de théâtre, on apprend que la SACEM a décidé de signer un accord avec Deezer.com.
Si l’on se base sur le fait que c’était la SACEM qui avait, en mars dernier, réclamé la fermeture dudit site pour illégalité, le fait qu’elle décide aujourd’hui de signer un accord avec lui laisse entendre qu’elle lui offre par la même occasion l’apparence de la légalité.
L’apparence de la légalité est-elle équivalente à la légalité ?
À en croire les différentes déclarations des co-fondateurs de ce site, l’affaire est entendue et la question ne se pose même pas. Des bannières publicitaires affichent d’ailleurs fièrement le message suivant :
« Vous vous êtes toujours demandé si blogmusik était légal… Ne vous posez plus la question… Blogmusik annonce en première mondiale la signature de son accord avec la SACEM… Pour fêter ça, Blogmusik change de nom…Deezer.com. »
En d’autres termes « Circulez, il n’y a rien à voir » ou plutôt rien à débattre. C’est sans compter sur le droit qui, malheureusement, ne se contente pas d’une simple apparence de légalité. Nous sommes devant le cas d’une société qui prétend être légale parce qu’elle a signé avec la société de gestion collective qui a la charge de percevoir les droits d'exécution, de diffusion, et de reproduction pour le compte de ses artistes adhérents.
Or, la légalité se définit comme le fait de respecter à la lettre la règle de droit et sur ce point, Deezer.com, bien que sur le chemin de la légalité avec cet accord, ne peut pas encore y prétendre faute d’avoir respecté scrupuleusement la loi dictée par le code de la propriété intellectuelle.
L’article L. 213-1 de ce code dispose, en effet, que : « Le producteur de phonogrammes est la personne, physique ou morale, qui a l'initiative et la responsabilité de la première fixation d'une séquence de son. L'autorisation du producteur de phonogrammes est requise avant toute reproduction, mise à la disposition du public par la vente, l'échange ou le louage, ou communication au public de son phonogramme autres que celles mentionnées à l'article L. 214-1.».
En vertu de cet article, et sans rentrer dans les considérations techniques de la loi DADVSI, pour mettre à disposition des internautes une reproduction des titres d’un artiste, ce que fait manifestement ce site, Deezer.com se doit ou plutôt se devait d'obtenir au préalable l’autorisation des sociétés qui éditent et produisent les disques de ces artistes. (Un accord avec les producteurs via la SFPP - société française de production phonographique - par exemple).
Faute de l’avoir obtenu, il ne peut qu’être considéré comme illégal. D’autres arguments tenant à la source même de ces différentes œuvres mises en ligne par les internautes eux-mêmes (à qui l’on ne demande rien sur l’origine des fichiers fournis en contravention à la loi Droits d’auteur et Droits voisins dans la Société de l’Information) pourraient également être opposés à ce site. Je préfère laisser cela aux différents spécialistes de la question qui ne manqueront sans doute pas de donner prochainement leur avis sur Internet et/ou dans des revues spécialisées.
Toujours est-il (et c’est pour cela que j’ai décidé d’écrire ce post à haute connotation juridique sur un blog que je voulais pourtant consacrer à des évènements purement factuels), cette affaire résume bien l’écart qui existe entre la vision qu'a le non-juriste (ce qu'est probablement le créateur de Deezer) de ce qu'est la légalité et la réalité du droit qui laisse finalement peu de place à l'improvisation ainsi qu'aux approximations… sous peine d’être immédiatement sanctionné par le juge.
Même si un mélomane comme moi se résout difficilement à ce que la musique ne soit pas accessible à tous, le futur avocat que je suis ne peut s’empêcher de conclure ce papier par le classique… « À bon entendeur ».
mercredi 22 août 2007
Do you speak english ?
Dans un pays que l’on dit de plus en plus sous l’emprise d’un phénomène de mondialisation, il n’est pas vraiment surprenant de constater que les recruteurs des cabinets d’avocats tentent de chercher des candidats qui maîtrisent la langue de Shakespeare.
Entendons-nous bien : Il est assez évident que si votre spécialité est le droit de la famille ou dans une moindre mesure le droit pénal, votre maitrise de l’anglais ne sera pas une condition sine qua non de votre recrutement. En revanche, si votre intention est d’intégrer un cabinet d’avocat d’affaires, qui plus est anglo-saxon, votre niveau d’anglais sera examiné à la loupe lors de l’entretien.
J’aurai sans doute l’occasion d’y revenir dans un prochain papier mais nous sommes en ce début de 21ème siècle dans l’ère de l’avocat qui se doit d’être bardé de diplôme. Alors qu’il ne fallait (jadis) à nos prédécesseurs que la licence (L3) pour accéder à cette profession et qu’à l’heure actuelle seule une maîtrise de droit est exigée pour passer le CRFPA, il y a actuellement dans ma promotion une très large majorité (85% ?) d’élèves-avocats titulaires comme moi d’un voire deux troisième cycle (Master 2), tandis qu’un plus petit nombre peuvent s’enorgueillir d’être docteurs en droit et que d’autres peuvent même arguer du fait d’avoir une double formation (Science-po ou école de commerce).
Même si je n’ai aucune idée des chiffres réels, autant vous dire que les élèves-avocats qui intègrent l’école avec pour seul bagage un Master 1 ne sont pas légions.
D’ailleurs, si vous décidez de vous en tenir à ce niveau d’études pour intégrer l’EFB, il n’est pas évident, vu la multitude de candidatures supérieures à la vôtre qui se retrouvent sur le marché, que vous trouviez un stage, faute d’avoir été jugé (sur le papier) comme suffisamment intéressant pour être convoqué à un entretien.
Mais revenons-en au sujet de ce papier : L’anglais. Cette langue vous sera donc très vite indispensable si vous souhaitez vous diriger vers une spécialité proche du droit des affaires, qui plus est, au sein d’un cabinet d’envergure.
Vous avez donc plusieurs solutions.
- Soit vous avez toujours eu un bon niveau en anglais
- Soit vous prenez des cours intensifs (l’EFB propose d’ailleurs de l’e-Learning à tous ses élèves) afin d’optimiser votre niveau.
- Soit… parce que vous vous doutiez que l’anglais allait être déterminant dans votre carrière de futur avocat, vous avez eu la bonne idée de faire une année à l’étranger en ERASMUS ou mieux encore de faire un LLM (master of law). Vous bénéficierez, une fois ce diplôme obtenu, d’un précieux sésame qui vous permettra, sinon d’intégrer n’importe quel grand cabinet français ou anglo-saxon, d’être au moins systématiquement convoqué à un entretien.
Pour vous dire à quel point on attend aujourd’hui de l’avocat qu’il soit de plus en plus bardé de diplôme, j’ai un ami (déjà avocat et non plus élève), qui, malgré un bon niveau d’anglais et des résultats TOEFL qui en atteste, n’a pas été retenu lors de plusieurs entretiens dans de grands cabinets au motif que sans LLM, il n’était décidément pas « recrutable ».
Une expérience qui l’a suffisamment troublé pour le pousser à envisager, un temps, de partir faire un LLM à l’étranger avant de s’inscrire au barreau de Paris. C’est dire…
Entendons-nous bien : Il est assez évident que si votre spécialité est le droit de la famille ou dans une moindre mesure le droit pénal, votre maitrise de l’anglais ne sera pas une condition sine qua non de votre recrutement. En revanche, si votre intention est d’intégrer un cabinet d’avocat d’affaires, qui plus est anglo-saxon, votre niveau d’anglais sera examiné à la loupe lors de l’entretien.
J’aurai sans doute l’occasion d’y revenir dans un prochain papier mais nous sommes en ce début de 21ème siècle dans l’ère de l’avocat qui se doit d’être bardé de diplôme. Alors qu’il ne fallait (jadis) à nos prédécesseurs que la licence (L3) pour accéder à cette profession et qu’à l’heure actuelle seule une maîtrise de droit est exigée pour passer le CRFPA, il y a actuellement dans ma promotion une très large majorité (85% ?) d’élèves-avocats titulaires comme moi d’un voire deux troisième cycle (Master 2), tandis qu’un plus petit nombre peuvent s’enorgueillir d’être docteurs en droit et que d’autres peuvent même arguer du fait d’avoir une double formation (Science-po ou école de commerce).
Même si je n’ai aucune idée des chiffres réels, autant vous dire que les élèves-avocats qui intègrent l’école avec pour seul bagage un Master 1 ne sont pas légions.
D’ailleurs, si vous décidez de vous en tenir à ce niveau d’études pour intégrer l’EFB, il n’est pas évident, vu la multitude de candidatures supérieures à la vôtre qui se retrouvent sur le marché, que vous trouviez un stage, faute d’avoir été jugé (sur le papier) comme suffisamment intéressant pour être convoqué à un entretien.
Mais revenons-en au sujet de ce papier : L’anglais. Cette langue vous sera donc très vite indispensable si vous souhaitez vous diriger vers une spécialité proche du droit des affaires, qui plus est, au sein d’un cabinet d’envergure.
Vous avez donc plusieurs solutions.
- Soit vous avez toujours eu un bon niveau en anglais
- Soit vous prenez des cours intensifs (l’EFB propose d’ailleurs de l’e-Learning à tous ses élèves) afin d’optimiser votre niveau.
- Soit… parce que vous vous doutiez que l’anglais allait être déterminant dans votre carrière de futur avocat, vous avez eu la bonne idée de faire une année à l’étranger en ERASMUS ou mieux encore de faire un LLM (master of law). Vous bénéficierez, une fois ce diplôme obtenu, d’un précieux sésame qui vous permettra, sinon d’intégrer n’importe quel grand cabinet français ou anglo-saxon, d’être au moins systématiquement convoqué à un entretien.
Pour vous dire à quel point on attend aujourd’hui de l’avocat qu’il soit de plus en plus bardé de diplôme, j’ai un ami (déjà avocat et non plus élève), qui, malgré un bon niveau d’anglais et des résultats TOEFL qui en atteste, n’a pas été retenu lors de plusieurs entretiens dans de grands cabinets au motif que sans LLM, il n’était décidément pas « recrutable ».
Une expérience qui l’a suffisamment troublé pour le pousser à envisager, un temps, de partir faire un LLM à l’étranger avant de s’inscrire au barreau de Paris. C’est dire…
mardi 14 août 2007
" Travailler plus pour gagner plus "
L’avocat parisien type à ceci de particulier qu’il exerce une profession libérale qui, par essence, peut l’amener à travailler très tard dans le courant de la semaine mais aussi à retourner le week-end sur son lieu de travail (le samedi, voire le dimanche).
Ce n’est pas une légende puisque certains élèves-avocats qui travaillent notamment au sein de grands cabinets anglo-saxons sont d’ores et déjà conduits à goûter aux joies de ce travail quasi continu. Comme toute situation qui de prime abord semble présenter quelques inconvénients, celle-ci a bien évidemment des avantages ou plutôt UN avantage non négligeable... celui de LA rémunération.
Si un élève-avocat réussit à faire ses preuves dans ce type de cabinets, en se donnant quasiment « corps et âme », il peut espérer être embauché un an plus tard en tant que collaborateur et toucher près de 30% de plus que ses camarades retenus dans des cabinets de moins grande envergure.
Mieux : S’il tient à ce rythme quelques années (environ 5 ans), son salaire augmentera de façon régulière tous les deux ans jusqu’à atteindre des niveaux que ne pourront sans doute jamais connaître ses camarades embauchés au sein de petites ou moyennes structures sauf à passer (miraculeusement), dans ce même laps de temps, du statut de collaborateur au statut d’associé.
À ce stade, l’équation d’un élève-avocat est donc assez (trop ?) simple.
- Soit, il fait le choix de ne pas avoir (ou si peu) de vie privée (faute de temps) en passant les cinq prochaines années de sa vie à faire ses preuves au sein d’une structure qui exigera beaucoup (trop ?) de lui... mais le rémunérera en conséquence.
- Soit, il opte dès le départ pour une structure moins importante mais toute aussi honorable en ayant, du coup, une rémunération moindre, des perspectives d’augmentation de rétrocessions d’honoraires inférieures…mais du temps pour une vie privée.
Tout prosélytisme mis à part, force est de constater que, dans ce contexte, la phrase fétiche de notre nouveau président de la république (lui-même ancien avocat) qui veut qu’il faille « travailler plus pour gagner plus », trouve un écho particulier…
Ce n’est pas une légende puisque certains élèves-avocats qui travaillent notamment au sein de grands cabinets anglo-saxons sont d’ores et déjà conduits à goûter aux joies de ce travail quasi continu. Comme toute situation qui de prime abord semble présenter quelques inconvénients, celle-ci a bien évidemment des avantages ou plutôt UN avantage non négligeable... celui de LA rémunération.
Si un élève-avocat réussit à faire ses preuves dans ce type de cabinets, en se donnant quasiment « corps et âme », il peut espérer être embauché un an plus tard en tant que collaborateur et toucher près de 30% de plus que ses camarades retenus dans des cabinets de moins grande envergure.
Mieux : S’il tient à ce rythme quelques années (environ 5 ans), son salaire augmentera de façon régulière tous les deux ans jusqu’à atteindre des niveaux que ne pourront sans doute jamais connaître ses camarades embauchés au sein de petites ou moyennes structures sauf à passer (miraculeusement), dans ce même laps de temps, du statut de collaborateur au statut d’associé.
À ce stade, l’équation d’un élève-avocat est donc assez (trop ?) simple.
- Soit, il fait le choix de ne pas avoir (ou si peu) de vie privée (faute de temps) en passant les cinq prochaines années de sa vie à faire ses preuves au sein d’une structure qui exigera beaucoup (trop ?) de lui... mais le rémunérera en conséquence.
- Soit, il opte dès le départ pour une structure moins importante mais toute aussi honorable en ayant, du coup, une rémunération moindre, des perspectives d’augmentation de rétrocessions d’honoraires inférieures…mais du temps pour une vie privée.
Tout prosélytisme mis à part, force est de constater que, dans ce contexte, la phrase fétiche de notre nouveau président de la république (lui-même ancien avocat) qui veut qu’il faille « travailler plus pour gagner plus », trouve un écho particulier…
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