L'image de l'avocat auprès du grand public n'a, à mon sens, rien à voir avec la réalité. Elle est entremêlée d'admiration excessive et de poncifs tout aussi excessifs.
Dire à son interlocuteur que l'on est avocat fait toujours autant d'effet dans un dîner en ville. Vous avez le droit soit au très fréquent « Whouaw » synonyme d'admiration, soit au beaucoup plus rare « Ah ouai » synonyme de perplexité. Le fait est, et j'en ai la confirmation en côtoyant les juristes avec lesquels je bosse, que pour que la plupart des gens, l'avocat est un grand baratineur prêt à tout pour gagner de l’argent et qui n'a qu'un seul but… en gagner toujours plus.
Concernant l'image du baratineur, autant vous dire qu'elle correspond plus à l'imaginaire collectif qu'à la réalité. Depuis que j'ai intégré l'EFB, je n'ai pas constaté une présence plus importante de baratineur que durant le reste de mes études. Ce poncif fait partie de la technique de dénigrement classique de la profession consistant à faire croire que l'avocat est obsédé par le pognon, qu’il ne connaît rien des dossiers qu'il plaide mais que grâce à sa prétendue haute maîtrise de l'art oratoire, il arriverait à se dépêtrer de n'importe quelle situation…et ce aussi bien face au juge que devant son client.
Pour ce qui est de l'argent, je reconnais que j'ai été surpris par le pourcentage d'élèves inscrits affichant ouvertement l'idée qu'ils avaient ce métier et plus particulièrement leur spécialité (le plus souvent droit des affaires) afin de gagner beaucoup d'argent. Il n'empêche qu'ils ne sont pas majoritaires et qu'il est difficile de reprocher à un futur avocat de ne pas vouloir s'engouffrer dans un créneau comme le droit pénal où il est réputé comme beaucoup plus difficile de s'imposer et de bien gagner sa vie.
Comme souvent, les individus les plus emblématiques d’une profession font beaucoup dans l’image que le grand public perçoit de cette même profession. En clair, plus les médias mettent en avant des avocats riches et à l’aise avec l’art de manier les mots, plus le grand public perçoit la profession d’avocat comme une profession qui rapporte beaucoup d’argent à ce type d’avocats.
Cette image véhiculée passe toutefois sous silence les élèves-avocats qui me confient déjà qu’ils opteront pour le conseil au détriment du contentieux au motif qu’ils n’ont jamais été à l’aise avec le fait de se mettre en avant et de parler devant un public et les 25% d'avocats (voir post précédent) qui gagnent moins de 1500 euros par mois.
La profession d’avocat est une profession aux multiples facettes qui est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît de prime abord. Ce qui au final n’est pas plus mal…
dimanche 14 octobre 2007
lundi 8 octobre 2007
Dis-moi combien tu gagnes, je te dirai qui tu es
Je viens de tomber sur un article qui traite de la rémunération des avocats en France dans un journal économique gratuit qui parait tous les lundis.
A en croire ce magazine, tous les avocats ne facturent pas de la même façon leurs effets de manche. Passée cette vraie fausse surprise, il nous explique qu’un avocat libéral touche en moyenne 59 746 euros par an d’honoraires alors qu’un avocat salarié en touche 57 570 annuels bruts.
Au bout de 10 ans, l’expérience aidant, l’écart se creuse puisqu’un libéral peut atteindre au moins 113 197 euros par an alors qu’un salarié presque moitié moins soit 64 925 €.
Les stars du barreau comme Jean-Michel Darrois, du cabinet Darrois Villey Maillot Brochier, facture ses conseils, selon ce magazine, près d’un million d’euros par an aux grands groupes industriels.
Un avocat collaborateur pour un grand cabinet français du type Fidal toucherait près de 40K€ par an (sous forme de rétrocessions d’honoraires), 90 000 euros au-delà de 8 années d’expérience. Les associés gagneraient quant à eux entre 1 et 4 millions d’euros.
Chez les anglo-américains du type Linklaters ou Sullivan & Cromwell, un collaborateur inscrit depuis deux ans au barreau touche 60 K€, un associé, entre 1,5 à 3 millions d’euros. Des rémunérations qui s’envoleraient en cas d’expatriation (121 K€ par an pour un avocat New-Yorkais).
Ces chiffres ne doivent pas faire oublier que 25% des avocats parisiens disposent d’un revenu inférieur à 1500 euros par mois. En cause, la hausse vertigineuse des charges et cotisations (environ 30% des honoraires) et la multiplication par quatre en 30 ans du nombre de praticiens.
Voilà qui donne envie...:)
A en croire ce magazine, tous les avocats ne facturent pas de la même façon leurs effets de manche. Passée cette vraie fausse surprise, il nous explique qu’un avocat libéral touche en moyenne 59 746 euros par an d’honoraires alors qu’un avocat salarié en touche 57 570 annuels bruts.
Au bout de 10 ans, l’expérience aidant, l’écart se creuse puisqu’un libéral peut atteindre au moins 113 197 euros par an alors qu’un salarié presque moitié moins soit 64 925 €.
Les stars du barreau comme Jean-Michel Darrois, du cabinet Darrois Villey Maillot Brochier, facture ses conseils, selon ce magazine, près d’un million d’euros par an aux grands groupes industriels.
Un avocat collaborateur pour un grand cabinet français du type Fidal toucherait près de 40K€ par an (sous forme de rétrocessions d’honoraires), 90 000 euros au-delà de 8 années d’expérience. Les associés gagneraient quant à eux entre 1 et 4 millions d’euros.
Chez les anglo-américains du type Linklaters ou Sullivan & Cromwell, un collaborateur inscrit depuis deux ans au barreau touche 60 K€, un associé, entre 1,5 à 3 millions d’euros. Des rémunérations qui s’envoleraient en cas d’expatriation (121 K€ par an pour un avocat New-Yorkais).
Ces chiffres ne doivent pas faire oublier que 25% des avocats parisiens disposent d’un revenu inférieur à 1500 euros par mois. En cause, la hausse vertigineuse des charges et cotisations (environ 30% des honoraires) et la multiplication par quatre en 30 ans du nombre de praticiens.
Voilà qui donne envie...:)
vendredi 5 octobre 2007
Plus que 3 mois
Il ne reste plus que 3 mois avant la fin de mon stage en entreprise et donc près de 3 mois avant le début de celui si déterminant de 6 mois, dit de fin de formation, que j’effectuerai au sein d’un cabinet d’avocat.
Je sais déjà depuis quelques mois au sein de quelle structure je vais effectuer ce stage, ce qui me laisse tout loisir pour me concentrer sur autre chose que sur de la recherche d’un cabinet.
La plupart de mes camarades savent également dans quels cabinets ils seront accueillis mais quelques uns d’entre eux sont toujours à la recherche du cabinet providentiel.
J’ai choisi ce cabinet non pas pour la rémunération qui, bien que convenable, n’a rien d’extraordinaire (pas loin de 1000 euros) mais pour l’impression que m’a donné la personne a l’origine de mon recrutement.
Il semblait assez intéressé par mon profil et très concerné par l’idée de m’apprendre les différentes ficelles du métier. Il a ajouté (mais c’est paraît-il ce que disent tous les recruteurs) qu’il y avait une réelle possibilité qu’il recrute un collaborateur à la fin de mon stage (condition quasi sine qua non quand un élève EFB choisit son stage de fin de formation) et qu’il ne procédait traditionnellement qu’au recrutement d’un collaborateur qui avait préalablement pu faire ses preuves au sein de son cabinet. Accessoirement, il m’a indiqué pratiquer des horaires convenables pour la profession à savoir 9h30/19h30 sauf cas exceptionnels.
Tous ces détails ont fait que malgré d’autres opportunités qui se sont présentées ultérieurement à ce recrutement, j’ai décidé (à l’inverse de certains de mes camarades), de rester fidèle à la parole donnée à ce monsieur.
Quelques uns de mes amis ont en effet donné un accord de principe à certains cabinets avant de se raviser quand un peu plus tard un cabinet plus prestigieux et/ou dans lequel ils étaient mieux payés leur a fait une meilleure proposition. Autant vous dire que, sauf cas exceptionnel, ils ont reçu un coup de téléphone incendiaire de l’associé du cabinet en charge de leur recrutement.
Le cabinet dans lequel je serai a l’avantage d’être spécialisé dans le domaine que j’affectionne et de traiter des dossiers qui, à coup sûr, devraient m’intéresser. Il s’agit d’une structure que je qualifierai de taille moyenne, qui m’a l’air de très bien fonctionner si j’en juge par le personnel, la taille du cabinet, le lieu où il se situe dans Paris et les quelques clients prestigieux auxquels le recruteur a pu faire référence au cours de notre entretien.
Puisqu’il faut s’assurer de donner la meilleure impression possible pendant la bagatelle de 6 mois pour espérer être recruté en tant que collaborateur, je pense profiter de ces 3 derniers mois de stage pour me remettre à jour de tous les fondamentaux de ma spécialité ainsi que des automatismes propres à tout bon élève-avocat qui se respecte (démarches au palais, rédaction de conclusions, d’assignations, etc.).
Plus que 3 mois, c’est fou comme le temps passe vite…
Je sais déjà depuis quelques mois au sein de quelle structure je vais effectuer ce stage, ce qui me laisse tout loisir pour me concentrer sur autre chose que sur de la recherche d’un cabinet.
La plupart de mes camarades savent également dans quels cabinets ils seront accueillis mais quelques uns d’entre eux sont toujours à la recherche du cabinet providentiel.
J’ai choisi ce cabinet non pas pour la rémunération qui, bien que convenable, n’a rien d’extraordinaire (pas loin de 1000 euros) mais pour l’impression que m’a donné la personne a l’origine de mon recrutement.
Il semblait assez intéressé par mon profil et très concerné par l’idée de m’apprendre les différentes ficelles du métier. Il a ajouté (mais c’est paraît-il ce que disent tous les recruteurs) qu’il y avait une réelle possibilité qu’il recrute un collaborateur à la fin de mon stage (condition quasi sine qua non quand un élève EFB choisit son stage de fin de formation) et qu’il ne procédait traditionnellement qu’au recrutement d’un collaborateur qui avait préalablement pu faire ses preuves au sein de son cabinet. Accessoirement, il m’a indiqué pratiquer des horaires convenables pour la profession à savoir 9h30/19h30 sauf cas exceptionnels.
Tous ces détails ont fait que malgré d’autres opportunités qui se sont présentées ultérieurement à ce recrutement, j’ai décidé (à l’inverse de certains de mes camarades), de rester fidèle à la parole donnée à ce monsieur.
Quelques uns de mes amis ont en effet donné un accord de principe à certains cabinets avant de se raviser quand un peu plus tard un cabinet plus prestigieux et/ou dans lequel ils étaient mieux payés leur a fait une meilleure proposition. Autant vous dire que, sauf cas exceptionnel, ils ont reçu un coup de téléphone incendiaire de l’associé du cabinet en charge de leur recrutement.
Le cabinet dans lequel je serai a l’avantage d’être spécialisé dans le domaine que j’affectionne et de traiter des dossiers qui, à coup sûr, devraient m’intéresser. Il s’agit d’une structure que je qualifierai de taille moyenne, qui m’a l’air de très bien fonctionner si j’en juge par le personnel, la taille du cabinet, le lieu où il se situe dans Paris et les quelques clients prestigieux auxquels le recruteur a pu faire référence au cours de notre entretien.
Puisqu’il faut s’assurer de donner la meilleure impression possible pendant la bagatelle de 6 mois pour espérer être recruté en tant que collaborateur, je pense profiter de ces 3 derniers mois de stage pour me remettre à jour de tous les fondamentaux de ma spécialité ainsi que des automatismes propres à tout bon élève-avocat qui se respecte (démarches au palais, rédaction de conclusions, d’assignations, etc.).
Plus que 3 mois, c’est fou comme le temps passe vite…
vendredi 28 septembre 2007
Tu seras un avocat, mon fils !
Une fois n’est pas coutume, je n’écris pas un post à proprement parler et me contente de citer cet écrivain talentueux qu’est Rudyard Kipling. Britannique de son état, il a écrit un texte qui par beaucoup d’aspect m’évoque la profession d’avocat telle que je la perçois actuellement : une profession qui exige de la détermination, de l’abnégation, de la mesure, de l'introspection, de l’honnêteté et qui nous oblige à faire face à de grandes victoires comme à de lourdes défaites :
« Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir
Ou, perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leur bouche folle,
Sans mentir toi-même d'un seul mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un AVOCAT, mon fils ». ;-)
« Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir
Ou, perdre d'un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;
Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;
Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leur bouche folle,
Sans mentir toi-même d'un seul mot ;
Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;
Si tu sais méditer, observer et connaître
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur;
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n'être qu'un penseur ;
Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ;
Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un AVOCAT, mon fils ». ;-)
mercredi 19 septembre 2007
Plan(s) de carrière(s)
Depuis que je tiens ce blog, j’ai beaucoup parlé du fait de travailler au sein d’une grande structure anglo-saxonne comme de la voie royale pour gagner très vite beaucoup d’argent en exerçant cette profession.
Ce n’est évidemment pas le seul choix qui s’offre à vous si vous voulez allier profession d’avocat et rémunération confortable. Disons qu’en discutant avec la plupart des élèves avocats de l’EFB Paris, on finit par croire qu’il n’y a qu’une façon d’exercer ce métier. Le fait est qu’en tendant l’oreille et en rencontrant d’autres personnes, on s’aperçoit assez vite qu’il y a des élèves qui ne sont tout simplement pas attirés par le fait de travailler dans ce type de structure avec tous les inconvénients que cela implique (horaires, hiérarchie, etc).
Elles aspirent, à très court terme, à s’associer au sein d’un cabinet et considèrent qu’elles ne feront pas ce métier en travaillant plus de 10 heures par jour. Ce qu’elles ont de particulier vient du fait qu’elles ne sont pas moins déterminées que ceux qui sont prêts à tous les sacrifices pour intégrer une prestigieuse structure.
Elles souhaitent elles aussi faire leur trou rapidement et bien gagner leur vie. Seuls leurs plans de carrières diffèrent. Elles voient ce métier comme l’occasion d’exercer une profession en toute indépendance, sans une hiérarchie marquée et ne la conçoivent qu’ainsi.
Sans jugement de valeur au sujet de ceux qui décident d’intégrer une structure anglo-saxonne, elles me confient que cela ne leur donne pas envie et qu’en travaillant dans ces conditions elles s’ennuieraient et dépériraient en très peu de temps.
Quoi qu’il en soit, on a coutume de dire que travailler dans une petite structure présente deux avantages :
Vous avez la possibilité de développer une clientèle personnelle ce qui vous permet d’augmenter votre rémunération de façon substantielle. Clientèle personnelle qui semble exclue au sein d’une structure anglo-saxonne, faute de temps.
Outre le fait que vous soyez en contact avec le client, vous avez la possibilité de plaider les dossiers du cabinet. Privilège qui en structure anglo-saxonne ne revient bien souvent qu'aux collaborateurs counsel et autres associés du cabinet.
Le genre de petits détails qui ont, à n'en pas douter, leur importance quand vient le moment de faire un choix déterminant pour sa carrière d’avocat.
Ce n’est évidemment pas le seul choix qui s’offre à vous si vous voulez allier profession d’avocat et rémunération confortable. Disons qu’en discutant avec la plupart des élèves avocats de l’EFB Paris, on finit par croire qu’il n’y a qu’une façon d’exercer ce métier. Le fait est qu’en tendant l’oreille et en rencontrant d’autres personnes, on s’aperçoit assez vite qu’il y a des élèves qui ne sont tout simplement pas attirés par le fait de travailler dans ce type de structure avec tous les inconvénients que cela implique (horaires, hiérarchie, etc).
Elles aspirent, à très court terme, à s’associer au sein d’un cabinet et considèrent qu’elles ne feront pas ce métier en travaillant plus de 10 heures par jour. Ce qu’elles ont de particulier vient du fait qu’elles ne sont pas moins déterminées que ceux qui sont prêts à tous les sacrifices pour intégrer une prestigieuse structure.
Elles souhaitent elles aussi faire leur trou rapidement et bien gagner leur vie. Seuls leurs plans de carrières diffèrent. Elles voient ce métier comme l’occasion d’exercer une profession en toute indépendance, sans une hiérarchie marquée et ne la conçoivent qu’ainsi.
Sans jugement de valeur au sujet de ceux qui décident d’intégrer une structure anglo-saxonne, elles me confient que cela ne leur donne pas envie et qu’en travaillant dans ces conditions elles s’ennuieraient et dépériraient en très peu de temps.
Quoi qu’il en soit, on a coutume de dire que travailler dans une petite structure présente deux avantages :
Vous avez la possibilité de développer une clientèle personnelle ce qui vous permet d’augmenter votre rémunération de façon substantielle. Clientèle personnelle qui semble exclue au sein d’une structure anglo-saxonne, faute de temps.
Outre le fait que vous soyez en contact avec le client, vous avez la possibilité de plaider les dossiers du cabinet. Privilège qui en structure anglo-saxonne ne revient bien souvent qu'aux collaborateurs counsel et autres associés du cabinet.
Le genre de petits détails qui ont, à n'en pas douter, leur importance quand vient le moment de faire un choix déterminant pour sa carrière d’avocat.
mercredi 12 septembre 2007
Au PPays de l’entreprise !
Mon PPI (projet pédagogique individuel) a donc débuté il y a plus de deux mois au sein du service juridique d’une structure dynamique et assez jeune.
Au fur et à mesure que le temps passe, l’expérience aidant, je me sens de plus en plus à l’aise. Les collègues sont devenus des « amis » et mon maître de stage qui semble assez satisfait par le travail que je produis n’hésite pas à me laisser libre de gérer seul les dossiers de A à Z et à me faire des compliments.
Cela constitue une différence fondamentale avec le cabinet d’avocat classique. Dans un cabinet d’avocats, il est très rare que les compliments pleuvent, comme si la tradition imposait au maître de stage de ne complimenter son stagiaire au motif que ce dernier pourrait prendre la grosse tête et se croire arrivé.
Plus le temps passe, plus je me sens conforté dans l’opinion que le métier de juriste d’entreprise et d’avocat sont deux métiers radicalement opposés. La pression que l’on subit au sein d’une entreprise est loin d’être là même que celle présente au sein d’un cabinet d’avocats.
Même si l’on attend de vous que vous fassiez du bon travail ainsi que des points réguliers sur ce que vous avez réalisé, les dead-lines impossibles à tenir sont pour ainsi dire inexistantes au sein du monde de l’entreprise. Cette différence de pression joue énormément sur l’état d’esprit des uns et des autres et sur l’ambiance inhérente au monde de l’entreprise.
D’ici quelques semaines, j’entamerai mon 3ème mois de stage au sein de cette entreprise, période à laquelle les stagiaires ont coutume de dire que l’on cesse d’apprendre et où l’on commence à s’ennuyer. Pour l’heure, je ne sens pas cet ennui me gagner mais le fait que l’on ait élargi récemment le champ de mes attributions y est sans doute pour quelque chose.
Ce stage, dont les horaires n’ont rien à voir avec ceux de cabinet d’avocats, me permet de faire plus de choses à côté et de profiter de moments de détente dont je risque d’être nostalgique quand débutera en janvier prochain, mon stage de fin de formation. D’ici là, j’en profite…
Au fur et à mesure que le temps passe, l’expérience aidant, je me sens de plus en plus à l’aise. Les collègues sont devenus des « amis » et mon maître de stage qui semble assez satisfait par le travail que je produis n’hésite pas à me laisser libre de gérer seul les dossiers de A à Z et à me faire des compliments.
Cela constitue une différence fondamentale avec le cabinet d’avocat classique. Dans un cabinet d’avocats, il est très rare que les compliments pleuvent, comme si la tradition imposait au maître de stage de ne complimenter son stagiaire au motif que ce dernier pourrait prendre la grosse tête et se croire arrivé.
Plus le temps passe, plus je me sens conforté dans l’opinion que le métier de juriste d’entreprise et d’avocat sont deux métiers radicalement opposés. La pression que l’on subit au sein d’une entreprise est loin d’être là même que celle présente au sein d’un cabinet d’avocats.
Même si l’on attend de vous que vous fassiez du bon travail ainsi que des points réguliers sur ce que vous avez réalisé, les dead-lines impossibles à tenir sont pour ainsi dire inexistantes au sein du monde de l’entreprise. Cette différence de pression joue énormément sur l’état d’esprit des uns et des autres et sur l’ambiance inhérente au monde de l’entreprise.
D’ici quelques semaines, j’entamerai mon 3ème mois de stage au sein de cette entreprise, période à laquelle les stagiaires ont coutume de dire que l’on cesse d’apprendre et où l’on commence à s’ennuyer. Pour l’heure, je ne sens pas cet ennui me gagner mais le fait que l’on ait élargi récemment le champ de mes attributions y est sans doute pour quelque chose.
Ce stage, dont les horaires n’ont rien à voir avec ceux de cabinet d’avocats, me permet de faire plus de choses à côté et de profiter de moments de détente dont je risque d’être nostalgique quand débutera en janvier prochain, mon stage de fin de formation. D’ici là, j’en profite…
samedi 1 septembre 2007
Avocat à vie ? Avis d’avocats
Plus le temps passe, plus je m’aperçois que la profession d’avocat est l’archétype de celle que l’on idéalise énormément avant de l’exercer pour finalement tomber quelque peu de son arbre une fois qu’on l’intègre.
`
On se rend d’abord compte en allant au tribunal ou en observant d’autres avocats à travers nos différents stages qu’ils ne sont pas tous brillants et talentueux (loin s’en faut). Ce constat n’a en réalité rien de bien surprenant puisque comme dans toute profession, il se devait d’exister de très bons, de bons, de moyens mais aussi de moins bons (pour ne pas dire de mauvais) avocats.
Au-delà, donc, de cette vraie fausse surprise, vous découvrez assez rapidement que même si le type de structure dans laquelle vous travaillerez y sera pour beaucoup, quoi qu’il arrive, vous ne pourrez pas exercer cette profession libérale moins de 10 à 11 heures par jour.
Là encore, il n’est pas vraiment surprenant d’apprendre qu’une profession libérale impose beaucoup plus d’heures de travail qu’un métier de juriste en entreprise soumis au 35 heures.
Là où cela se complique c’est dans la façon dont vous effectuez ces 11 heures de travail quotidien. Quand vous n’êtes qu’un élève-avocat la pression ou plutôt le rythme que vous impose votre maître de stage est déjà important . Quand vous passerez collaborateur, ce rythme deviendra d’autant plus important que vous devrez à votre cabinet un certain nombre « facturable » (au client) par an (environ 1300), qui réportées au nombre de jour dans la semaine équivaut à peu près à 6 heures par jour. Sur ce point, il est utile de préciser que les recherches se facturant rarement, 6 heures facturées n’équivalent pas à 6 heures de travail.
Le niveau d’exigence qui vous est imposé n’est quant à lui plus du tout lié au type de cabinet dans lequel vous officiez…il est tout simplement omniprésent dans cette profession. Partez du principe que ce métier est rempli d’avocats qui attendent ou attendront de vous que vous soyez brillant, rapide, efficace, volontaire et, pour ne rien gâter… aimable.
Si vous remplissiez tous ces critères, vous êtes sur la bonne voie, mais pour avoir une chance de terminer votre vie dans cette profession, il faut une capacité hors du commun de résistance à la pression.
Il existe deux types de pression.
Celle qui est liée aux horaires. Passez près de 13 heures (9h à 22h) dans un cabinet n’est pas évident pour tout le monde. Plus vous travaillez d’heure dans une journée plus vous devenez, la fatigue aidant, à fleur de peau et réceptif aux remarques de votre supérieur hiérarchique.
Celle liée à la pression psychologique qu'exerce sur vous ce même supérieur hiérarchique. Vous pouvez, en effet, travailler 10 heures par jour (9h30 à 19h30) et subir une pression de tous les instants qui vous empêche d’envisager de continuer de ce métier sauf à quitter d'urgence ce cabinet.
Même si je n’ai pas de statistiques, je m’aperçois en discutant avec des ami(e)s élèves-avocats que le facteur qui les pousserait le plus à décider de ne pas s’éterniser dans cette profession est la conscience qu’ils ont de ne pas vouloir travailler 5 jours sur 7 (voire plus) sous la pression des dead-lines beaucoup trop courtes voire surnaturelles imposées par un collaborateur ou un associé.
Dans ces conditions, et après 8 mois d'école, je commence à entendre certains de mes camarades (pourtant très motivés au départ), m’expliquer qu’ils iront au bout de la formation mais que si le stage de fin de formation se passait mal pour eux, en partie en raison du fait qu'ils se rendraient compte à cette occasion que ce métier ne colle pas à leur tempérament, ils n’hésiteraient pas à se réorienter vers une autre profession moins exigeante, notamment au niveau des horaires (juriste d’entreprise par exemple).
Comme dirait l’un de mes camarades de promo en citant Voltaire « il ne faut pas oublier que l’homme n’est pas fait pour travailler, la preuve c’est que cela le fatigue ».
`
On se rend d’abord compte en allant au tribunal ou en observant d’autres avocats à travers nos différents stages qu’ils ne sont pas tous brillants et talentueux (loin s’en faut). Ce constat n’a en réalité rien de bien surprenant puisque comme dans toute profession, il se devait d’exister de très bons, de bons, de moyens mais aussi de moins bons (pour ne pas dire de mauvais) avocats.
Au-delà, donc, de cette vraie fausse surprise, vous découvrez assez rapidement que même si le type de structure dans laquelle vous travaillerez y sera pour beaucoup, quoi qu’il arrive, vous ne pourrez pas exercer cette profession libérale moins de 10 à 11 heures par jour.
Là encore, il n’est pas vraiment surprenant d’apprendre qu’une profession libérale impose beaucoup plus d’heures de travail qu’un métier de juriste en entreprise soumis au 35 heures.
Là où cela se complique c’est dans la façon dont vous effectuez ces 11 heures de travail quotidien. Quand vous n’êtes qu’un élève-avocat la pression ou plutôt le rythme que vous impose votre maître de stage est déjà important . Quand vous passerez collaborateur, ce rythme deviendra d’autant plus important que vous devrez à votre cabinet un certain nombre « facturable » (au client) par an (environ 1300), qui réportées au nombre de jour dans la semaine équivaut à peu près à 6 heures par jour. Sur ce point, il est utile de préciser que les recherches se facturant rarement, 6 heures facturées n’équivalent pas à 6 heures de travail.
Le niveau d’exigence qui vous est imposé n’est quant à lui plus du tout lié au type de cabinet dans lequel vous officiez…il est tout simplement omniprésent dans cette profession. Partez du principe que ce métier est rempli d’avocats qui attendent ou attendront de vous que vous soyez brillant, rapide, efficace, volontaire et, pour ne rien gâter… aimable.
Si vous remplissiez tous ces critères, vous êtes sur la bonne voie, mais pour avoir une chance de terminer votre vie dans cette profession, il faut une capacité hors du commun de résistance à la pression.
Il existe deux types de pression.
Celle qui est liée aux horaires. Passez près de 13 heures (9h à 22h) dans un cabinet n’est pas évident pour tout le monde. Plus vous travaillez d’heure dans une journée plus vous devenez, la fatigue aidant, à fleur de peau et réceptif aux remarques de votre supérieur hiérarchique.
Celle liée à la pression psychologique qu'exerce sur vous ce même supérieur hiérarchique. Vous pouvez, en effet, travailler 10 heures par jour (9h30 à 19h30) et subir une pression de tous les instants qui vous empêche d’envisager de continuer de ce métier sauf à quitter d'urgence ce cabinet.
Même si je n’ai pas de statistiques, je m’aperçois en discutant avec des ami(e)s élèves-avocats que le facteur qui les pousserait le plus à décider de ne pas s’éterniser dans cette profession est la conscience qu’ils ont de ne pas vouloir travailler 5 jours sur 7 (voire plus) sous la pression des dead-lines beaucoup trop courtes voire surnaturelles imposées par un collaborateur ou un associé.
Dans ces conditions, et après 8 mois d'école, je commence à entendre certains de mes camarades (pourtant très motivés au départ), m’expliquer qu’ils iront au bout de la formation mais que si le stage de fin de formation se passait mal pour eux, en partie en raison du fait qu'ils se rendraient compte à cette occasion que ce métier ne colle pas à leur tempérament, ils n’hésiteraient pas à se réorienter vers une autre profession moins exigeante, notamment au niveau des horaires (juriste d’entreprise par exemple).
Comme dirait l’un de mes camarades de promo en citant Voltaire « il ne faut pas oublier que l’homme n’est pas fait pour travailler, la preuve c’est que cela le fatigue ».
Inscription à :
Articles (Atom)